Des emplois fautifs
Bien souvent, dans les textes que je révise, mon regard s’arrête sur des mots choisis par l’auteur, mais dont le sens réel ne reflète pas l’emploi qu’il en a fait. Visiblement, il y a eu mésinterprétation. Voici deux cas fréquents !
Opportunité
L’emploi du terme « opportunité » dans le domaine des affaires, bien qu’attesté depuis peu, demeure grandement critiqué au sens d’une occasion opportune, donc favorable ou convenable, car il provient du mot anglais opportunity.
La richesse de la langue française permet d’éviter ce piège grâce aux termes possibilité, occasion et chance.
Emplois critiqués :
Jean a eu une opportunité d’accroître son chiffre d’affaires.
J’ai eu l’opportunité de présenter mon projet à un groupe d’investisseurs.
Emplois corrigés :
Jean a eu une belle occasion d’accroître son chiffre d’affaires.
J’ai eu la chance de pouvoir présenter mon projet à un groupe d’investisseurs.
Œuvrer
Il y a visiblement confusion fréquente entre « œuvrer » et « travailler ». Car entre les deux, il y a nuance, même si les deux signifient « effectuer un travail » La nuance, et c’est là le piège, se trouve dans le genre de travail qui est effectué ! Est-ce pour une cause qui nous tient à cœur ou pour gagner notre croûte ?
Pour œuvrer, on doit réaliser une œuvre ou accomplir quelque chose de majeur, d’important, généralement sans avoir le souci de la rentabilité ou de la rémunération comme premier objectif. J’explique souvent ces emplois par « œuvre d’art » et « œuvre de charité ». Ainsi, Riopel et le cardinal Léger ont œuvré, de différentes façons !
Emploi critiqué :
Nancy œuvre à l’agence depuis maintenant cinq ans.
Emploi corrigé :
Nancy travaille pour l’agence depuis maintenant cinq ans.
Emploi accepté :
Les jeunes de l’école œuvrent auprès des Sœurs de la Charité de Montréal.
Paul travaille pour Opération Enfant Soleil, un organisme qui œuvre auprès des enfants malades.
Voilà ! Pour tout commentaire et toute question, à vos claviers, écrivez-moi ! Vos courriels sont les bienvenus.